

Depuis quelques années, le festival des Musiques Métisses d’Angoulême s’ouvre aux Littératures Métisses. Le haïtien (naturalisé canadien) Dany Laferrière et l’américain (expatrié à Paris) Jake Lamar étaient ainsi invités à débattre des Amériques noires. Enfant de Petit Goâve, Laferrière n’a pas connu le racisme noir/ blanc, dans un pays très homogène sur le plan ethnique. Quant à J. Lamar, né dans le Bronx en 1961, il a grandi en pleine émergence des droits civiques, mais il a connu la violence autodestructrice d’un père qui s’est fait à la force du poignet, à une époque où les noirs devaient en faire dix fois plus que les autres pour se hisser socialement. Un père qui se décrivait lui-même comme un rescapé de la boîte à ordures. Et la littérature métisse dans tout ça ? D. Laferrière se méfie de ces nouvelles catégories, comme celle des écrivains francophones, plus définis par leurs origines que par leurs écrits. A quoi, il répond avec ironie Je suis un écrivain japonais. Quant à Jake Lamar, dites-lui métis et ce fervent démocrate vous répondra : Obama.

25/04/10